Saints-de-Glace – Hydrokarst – 12 février 2022

Voici le compte-rendu de la sortie dans les galeries de Saints-de-Glace du groupe 3 de Cyrille du samedi 12/02/2022.
Avec Cyrille, Fred, Julien, Luc, Sven, Martin, Lionel.

Trois groupes de passionnés de spéléologie s’étaient donnés rendez-vous à 8h30 à Méraude, un petit village situé sur un plateau enneigé du Vercors, au pied des borde des montages ou longeaient des descentes de ski. Le ciel était clair, le soleil rayonnait de mille feux, le vent soufflait un air rafraichissant et apaisant, cette journée était parfaite pour dévaler les pistes à toute allure. Mais ce n’était pas le but de ce jour-ci, car aujourd’hui ces groupes allaient explorer une partie du réseau souterrain du Trou Qui Souffle et de Saints-de-Glace.

Après le retard de l’un membre du groupe 3, du faite d’un déficit énergétique. Tout le monde était réuni dans un paysage bucolique, tous s’équipèrent aux abords des pistes de vêtement et d’outils essentiels. Le groupe de Cyrille se mit en route en longeant la piste, il passa devant la bouche qui menait au Trou Qui Souffle, la forêt n’était guère dense, mais elle donnait déjà un avant-gout de la luminosité une fois sous terre. Après quelques minutes de marche, la traversee de la forêt enneigée touchait à sa fin. Juste au bord d’un ruisseau se trouvait l’entrée de la grotte, ils étaient dorénavant prêt à affronter les étroits couloirs dans lesquelles ils allaient s’engouffrer.

Tout commença par une glissade sur de la glace et les voici entourés de roche, assez claire, de couleur brune délavée qui semblait former un tout figé, éternel et immuable. Plus loin se trouva une trappe en bois qui, une fois ouverte, dévoila le reste de la grotte. Sans lampe on ne verrait déjà rien, on ne pourrait que sentir que l’air pressé de s’engouffrer avec nous, et le ruissellement de la reine de ces lieux. Son omniprésence forgeant la grotte et ses parois au gré de son désir similaire au nôtre de plonger au plus profond de la terre.

Mais la descente ne faisait que commencer, après quelques étroits couloirs à double hauteur forçant l’ingéniosité pour avancer sans crainte, la première vraie descente arrive. Porté par les eaux et les cordes bien serrées au descendeur, on atteint une salle principalement composée de pierres enchevêtrées les unes sur les autres, érodées par la volonté de l’eau. En suivant le bruit de l’eau au travers de quelques couloirs bien aérés et d’autres, plus restreignants, on pouvait la voir s’écouler sous les pieds puis disparaitre pour revenir plus agile, dans des galeries couvertes de pépites de silex. L’eau régnait en maitre ici, au fur et à mesure que l’on avant elle nous dévoilait ses bijoux tel que des cascades rappelant la pluie de la surface. Au cours de cette descente qui semblait ne jamais finir, on trouva un assemblage de pierre en pyramide, rémanente d’autres explorateurs.

L’eau qui nous suivait depuis le début, nous quitte au détour d’une galerie en ne laissant qu’un bruit persant comme au revoir. Alors que les chemins divergeaient dans toutes les directions, il ne fallait pas se tromper surtout quand il s’agira de remonter. Les roches étaient glissantes maintenant, comme polies par le temps en toboggan, pour nous entrainer finalement face à un puits qui semblait sans fond, mais où résonnait encore la mélodie de l’eau au-dela des parois. Cette descente dans l’inconnu semblait intemporelle, jusqu’à atteindre le fond et admirer l’immensité de la salle, ou floutait des microbilles d’eau.

Après s’être rassasié et explorer les recoins de la salle Hydrokarst, qui s’étendait à perte de la lumière de nos lampes. Alors que la gravité nous a porté jusqu’aux centres de la Terre, il est temps de lutter contre elle, et d’entreprendre le chemin inverse, accompagné des échos de l’eau murmurant des mots d’une langue oubliée et de l’entraide de chacun, il fut possible de regoutter au doux air de la surface. Une belle grotte d’accomplie malgré la fatigue sur la fin.

Sven