Guiers Mort – 14 février 2026

Sortie spéléo du samedi 14 février 2026

Aujourd’hui, sortie sous la Dent de Crolles, et plus précisément, rando sous terre à partir de la résurgence du Guiers Mort, à Perquelin.
RV à 8 h. Pas de pluie, ni de neige (la neige c’est pour ce soir !)
Donc RV au parking de Perquelin…. Préparons nos affaires : conseil de Cyrille, une heure de grimpette, ça va chauffer…. Il est préférable d’emporter nos affaires et de quoi se changer au retour. Chic, pas de kits à préparer… emmenons juste une corde outre nos kits de bouffe + la trousse de secours.
Il est 9 h, c’est parti : commençons par la route forestière « enneigée », puis au bout de 20 minutes, scindons le groupe en deux : d’un côté les « raquettes » qui continuent sur la route forestière, de l’autre les « crampons » qui grimpent par le chemin dans la forêt. Convenons d’un point de rv.
Côté « crampons », succession de passages enneigés et terreux (notamment sous les arbres) , et puis vers 1200 m d’altitude, la neige se met à tomber et sur le chemin il y en a bien. Arrivons au point de rv à 9h45 et attendons les « raquettes » ! qui tardent bien et qui n’arriveront que vers 10 h 15… et c’est parti pour la dernière grimpette de 20 minutes. Là il y a bien-bien de la neige, ce qui n’est pas confort pour les « raquettes ». Arrivons enfin près du porche d’entrée. Cyrille prend la pelle pour préparer le passage. La main-courante n’est pas gelée !
Nous nous installons dans le porche d’entrée pour nous habiller ou finir de nous habiller.
Une fois la petite troupe prête, prenons l’ensemble de nos affaires pour les emmener un peu loin dans la grotte dans une sorte « d’alcôve » protégée. Il est 10 h 45.
Pour y parvenir, remontons sur 120 mètres environ la rivière qui est peu active, et passons à proximité de belles stalagmites de glace (et quelques stalactites également).
Et c’est parti pour l’explo du jour…. Via le fameux réseau sanguin.
Vous avez froid… pas de problème, vous allez vous réchauffer ! 150 mètres de boyau, et « ramping », qui à force d’explo et de quelques secours, a été « élargi », et est bien plus confort qu’il y a quelques années en arrière !
Ca va tout le monde ?
Nous sortons de ce bazar assez inconfortable : enfin en position debout sur une trentaine de mètres, direction du Puits Pierre (P35), bien fractionné. (disons qu’il y a une corde « noire » avec 2 fractionnements et une dév, et une corde « jaune » (plein pot) avec une dév. Mais sans frac…). L’arrivée est « trash » puisqu’il faut se hisser sur une margelle là sur la gauche, mettre la tête et le corps et les pieds contre la paroi opposée avec 35 mètres de vide ….
Eh, les copains, on repasse là, tout à l’heure…ça promet !
En haut du puits Pierre, nous sommes à + 78.(point 0 niveau porche).
Bon, ce n’’est pas le tout mais on n’est pas arrivé. Puis la galerie Paul sur 100 mètres, un beau laminoir en pente remontante assez glaiseuse, puis la galerie Perquelin sur une centaine de mètres. Sommes à + 123 m. Arrivons à proximité du magnifique Puits Isabelle (P64) que nous laissons sur notre côté. Poursuivons … non, non, pas par-là, nous arriverons par-là justement tout à l’heure. Passage sur une sorte de petit pont et partons dans la grande galerie qui s’ouvre devant nous… la galerie du solitaire que nous allons prendre sur près de 900 mètres.(point haut + 180 m).
La fatigue se faisant sentir, nous ferons un stop pour déjeuner autour des 13h30 … à l’abri du petit courant d’air froid nous accompagnant dans cette galerie.
Quelques explications par Cyrille sur l’origine des noms (Pierre et Paul, les fils de Fernand Petzl le fondateur de l’entreprise du même nom sur Crolles…. Dans les années fastes des années 50, où les spéléos se tiraient la bourre sur les explos – concurrence d’alors entre le réseau de la Dent de Crolles, et la Pierre St Martin dans les Pyrénées… et on ne parlait pas encore du Berger dans le Vercors !). Isabelle est le nom de l’une des filles d’un autre spéléo fameux d’alors Michel Letrone…. Et solitaire justement, car ce dernier a fait cette découverte de galerie en premier tout seul ! Imaginez sa joie, et surtout quand il va le dire à ses copains restés à l’attendre !
J’oubliais, et c’est grave, il y a plein de concrétions un peu partout, des belles, si si, des stalac, des stalag, des colonnes, des piliers, des macaronis, des choux fleurs, des concrétions tigrées (noires et blanches, comme la panthère des neiges).
Quittons cette galerie du solitaire (+ 160 m) et après 50 mètres dans une galerie, arrivons au Puits noir (P40) bien fractionné (4 fracs). Laissons Eric se reposer, et le reste du groupe entreprend la descente. Puis prenons une très belle galerie un peu à l’écart, très concrétionnée qui nous conduit au « mausolée » de B.Moulin (décédé en 1962 à l’âge de 18 ans suite à une chute mortelle de 30 m dans un puits de 60 mètres portant son nom). Instant très émouvant.
Revenons sur nos pas. Et entreprenons le chemin du retour (il est 15 h 30 /// du point où est Eric et la sortie, il faut environ 1 h30 ça va pour tout le monde ?).
Nous remontons le Puits noir, retrouvons notre Eric en pleine forme (pas frigorifié du tout malgré l’attente et surtout le froid de la cavité).
Et en avant pour le retour via un autre chemin sur environ 600 mètres.
Retrouvons notre « petit pont » à proximité du Puits Isabelle. Chemin inverse.
La galerie Paul dans le sens descendant cette fois-ci… toboggan…puis le puits Pierre avec son départ aérien…. Peu de candidat pour la corde noire !
Re réseau sanguin …. Et salle d’entrée où nous retrouvons nos affaires…nous nous changeons pour partie, pour la descente. Il est environ 18 heures. Dehors il neige !
Chaussons les raquettes, les crampons et c’est parti pour une petite heure de descente, sous, et dans la neige, à la lumière de nos frontales. On dirait une descente aux flambeaux dans un magnifique paysage de neige.
Comme à l’aller, scindons le groupe en deux.
La fatigue est bien là, mais il faut bien rejoindre nos voitures. Nous y serons vers 19 heures !
Nous nous changeons, bien content d’enfiler des vêtements secs et de se mettre au-chaud et à l’abri dans nos voitures.
Un au revoir, et retour chacun chez lui… via une route sous la neige qui tombe qui tombe… et qui tient sur la route … oups pour la montée du Col de Porte … Nous sommes tous bien rentrés à bon port. Bonne nuit de repos.

TPST : disons autour de 7 heures. (Nous sommes entrés autour de 10h45, et sommes sortis autour de 18 heures).
Merci Cyrille, et à tous, c’était une belle découverte et une belle rando un peu fatigante quand même. (Nous avons beaucoup marché dehors + 300 / – 300 et sous terre environ + 180 / -180 auxquels il faut rajouter le puits noir +40 / – 40).
A la prochaine.
[By Luc]