Scialet de l’appel, 30 mai 2026
Ce compte rendu étant le fruit de ma mémoire, je tiens à vous préciser que toute
ressemblance avec des évènements réels serait purement fortuite.
Patrice nous a donné rendez-vous à 9h à quelques centaines mètre de l’entrée de
la cavité. Au niveau marche d’approche c’était très cool : en 5 minutes on y
était.
L’entrée est protégée par une grille, à priori de même facture que celle de la
grotte du Brudour, dont la raison d’être est claire : empếcher les spéléos
d’accéder à la cavité afin de ne pas polluer le captage d’eau potable (qui n’est
apparemment pas si potable que ça rapport aux besoins vitaux des habitants de
fond d’Urle mais ne polémiquons pas). Cette interdiction d’accès ne s’est
jamais réellement concrétisée à cause d’une histoire très troublante : une série
noire de cadenas – apparemment fragiles – qui avaient tendance à s’ouvrir
spontanément.
L’accès à la cavité débute par un petit puit fractionné et enchaine tout de suite
sur un petit ramping. Rien à voir avec le réseau sanguin : même pas mal au
coudes pour la bonne et simple raison que quelqu’un a eu la bonne idée de
mettre de la terre bien meuble au fond du boyau. Sans doute un spéléo qui avait
une âme de jardinier.
Le boyau en question débouche sur un autre puits avec une descente
fractionnée. Patrice a qualifié le fractionnement d’acrobatique ou d’aérien (je ne
sais plus). Toujours est-il qu’on l’a passé à l’aise (forcément on était encore
bien frais) et que je n’ai pas été frappé par le côté aérien. Ce ne fut pas le cas à
la remontée mais c’est une autre histoire…
En bas de ce puit on met pour la première fois les pieds dans la petite rivière qui
s’est avérée bien moins froide que ce qu’on craignait. Bon d’accord on avait des
chaussons en néoprène mais quand même. C’était rafraichissant ! J’en ai profité
pour remplir mes bottes.
Peu après nous débouchons sur un petite grimpette (est-ce ce qu’on appelle un
ressaut ?), heureusement équipée d’une corde, qui se poursuit par un passage en
opposition assez aérien pour commencer à faire réfléchir le novice que je suis :
mais où vais-je bien pouvoir mettre ce pied ? Lequel me direz vous ? Disons
que ça alternait : une fois c’était le gauche, une fois c’était le droit, une fois le
gauche, une fois le droit… Bref, vous saisissez la logique : je ne faisais pas le
malin.
Ce passage délicat fut fort heureusement suivi par l’endroit que le plus
charmant et le plus serein de cette cavité : les parois se sont éloignées sur les
cotés (le plafond s’est rapproché mais on ne peut pas tout avoir), le bruit de
l’eau a fortement diminué, et nous avions l’impression de marcher dans une
paisible rivière bleue dont le fond était recouvert de jolis galets.
Peu après la rivière a gagné en profondeur et nous avons bifurqué dans une
zone fossile. J’ai oublié de demander ce que cela signifiait. Toujours est-il que
nous avons quitté notre chère rivière pour une succession des passages
acrobatiques en opposition. L’un d’entre eux m’a bien fait flipper mais
impossible de le localiser au retour… et pourtant je l’attendais. Comme quoi
tout est une question de point de vue (ou de mémoire… ou les deux… mais c’est
une autre histoire…).
Après avoir remis la pédale pour remonter quelque mètres, un puits nous
redescend à nouveau dans la rivière. Patrice n’était pas peu fier d’avoir si
parfaitement centré la corde qu’elle frolait ici une paroi à gauche, puis là une
paroi à droite, mais sans jamais les toucher (ce qui ne fut pas mon cas : mon
postérieur étant plus large que ladite corde).
Nous débouchâmes sur notre première cascade (et allez… un imparfait du
subjonctif… non mais je vous jure… il y en qui se lisent écrire). Ou disons
peut-être une dégringolade de rivière sur une paroi pentue ? Malgré la position
de la corde (bien placée à gauche de l’onde joyeusement bondissante) et malgré
les beaux exemples de descentes d’à peu près tous ceux qui m’ont précédé, j’ai
trouvé le moyen de rater un appui en bas : pas chassé sur le côté gauche,
immédiatement suivi d’une douche. Je peux vous dire que les nouvelles combis
ACS de Patrice sont bien étanches. Aucun désagrément ne fut à signaler.
Nous sommes arrivés à notre endroit de déjeuner vers 14h. Colin n’était pas
avec nous mais il était là par la pensée et par l’estomac puisque que l’un d’entre
nous avait apporté des cacahuetes au wasabi. Que cette personne me pardonne :
j’ai oublié qui c’était mais une sorti spéléo sans lesdites cacahuètes n’est pas
une vrai sortie spéléo campus. Je la remercie donc chaleureusment pour son
initiative.
Après le repas on décide d’aller au bout de la cavité (Patrice nous a dit ne pas
encore y être allé). Le sort en décida autrement car il nous manquait une corde.
Il faut dire que les anciens qui avait fait la liste de l’équipement nécessaire pour
cette excursion étaient de farouches spéléologues que certains passages
n’effrayait nullement. Quant à nous ben… on a eu besoin d’une main
courante… et c’est la corde qui nous a manqué pour arriver à la dernière
cascade.
Pas grave : c’était une super sortie !
Le retour s’est effectué par le même trajet qu’à l’aller, même si j’ai entendu dire
que certains avaient tourné en rond. D’autres, dont je fais partie, avaient suivi
un mauvais chemin à l’aller donc match nul (heureusement que Patrice est
revenu nous chercher car apparemment on aurait pu continuer un bout de
temps).
Et cette autre histoire me direz-vous ? Ben simplement qu’à la remontée j’avais
bien en tête qu’on allait retomber sur le fractionnement acrobatique. Le
problème c’est que je ne l’ai pas reconnu et que je l’ai pris pour le début d’une
main courante. J’ai petit-longé et grand-longé dessus (la personne ayant la
paternité de ces néologismes se reconnaitra) avant de me rendre compte que,
quand même… c’est bizarre tout ce mou dans une main courante… J’ai réalisé
mon erreur, rectifié le tir et je suis passé. Acrobatiquement et de manière
aérienne on va dire (attention, ceci n’est pas une recette de cuisine : il ne donc
pas confondre « de manière aérienne » avec « de manière légère ou gracieuse
»). Quoi qu’il en soit je valide le qualificatif à la montée !
Une fois n’est pas coutume, quand nous sommes ressortis de la cavité il faisait
beau, il faisait jour et on n’avait pas froid. En attendant les derniers, on a même
pu s’allonger tranquillement dans les feuilles mortes et regarder les branches de
hêtres danser au dessus de nos têtes. Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas
allongé sous un arbre et je me suis dit qu’il faudrait renouveler l’expérience
plus souvent.
En parlant des derniers, un grand merci à Fabien et Patrice, qui ont géré tout le
déséquipement lors de la remontée. Ce fut apparemment au prix de la perte
d’une clé de 13 toute neuve mais tout est bien qui finit bien quand même.
Que le Vercors est beau à l’heure dorée.
J’en profite pour tous vous remercier pour cette aventure spéléo campus. C’était
en effet la dernière sortie de l’année. Sachez que j’ai beaucoup apprécié votre
compagnie et que ce fut un plaisir d’apprendre les bases de la spéléo sous votre
regard bienveillant. A bientôt j’espère !
[By Bruno]
